Un “fossile vivant” : le Ginkgo biloba

Le ginkgo biloba ou “arbre aux 40 écus” est bien représenté dans l’arboretum (zones 6 et 8). Ce nom lui a été donné car en 1788, le botaniste M. de Petigny aurait acheté cinq plants provenant de Chine pour la somme considérable de 200 livres, soit 40 écus d’or. Le nom de “biloba” se rapporte à la forme triangulaire des feuilles qui sont fendues en deux lobes. Elles prennent une jolie couleur jaune d’or à l’automne. L’arbre peut atteindre 20 à 35 m de haut. Il existe des pieds mâles et des pieds femelles. Au printemps, les organes mâles produisent du pollen en grande quantité. Les organes reproducteurs femelles, en forme de cerise, de couleur jaune-brun sont des ovules. Les ovules sont toxiques et nauséabonds, ils seront fécondés par le pollen et germeront dès que les conditions seront favorables. Il n’y a donc pas de graines, ce qui les distingue des conifères et des plantes à fleurs, c’est l’unique représentant de la famille des Ginkgoacées. Le ginkgo, originaire de Chine, est un arbre sacré, vénéré par les moines bouddhistes. Il a été introduit en Europe vers 1750 dans le jardin botanique d’Utrecht en Hollande et il était très recherché au 18ème siècle. Il présente une grande longévité, un arbre planté en 1795 existe encore au Jardin des Plantes de Paris, certains arbres sont connus pour avoir plus de 1000 ans.

Le ginkgo est qualifié de “fossile vivant” car il est apparu sur la planète il y a environ 270 millions d’années, au permien, bien avant les dinosaures. Il a survécu à tous les bouleversements climatiques et géologiques de la planète. C’est le premier arbre qui a repoussé dans la zone d’Hiroshima après l’explosion de la bombe nucléaire. Il est devenu le symbole de résistance et de
longévité, c’est l’emblème de la ville de Tokyo. Certaines substances extraites des feuilles ont de nombreuses applications médicales (pour la circulation sanguine, les maladies cardiovasculaires et respiratoires et comme antioxydant). La synthèse de plusieurs de ces composés a valu le prix Nobel de chimie en 1990 à l’américain Elias Corey.

Christiane LICHTLÉ
Conseillère municipale déléguée aux espaces verts
Docteure en sciences naturelles

Ginkgo biloba en images

 

 

À lire aussi