À la rencontre des oiseaux de notre commune

La période du confinement a été l’occasion de redécouvrir son environnement immédiat.
Que peut-on observer en 1h par jour, à 1km de son domicile ?

Je me suis empressé de tracer un cercle autour de mon domicile et chaque matin à l’aube, j’arpente un itinéraire. Jumelles autour du cou, de belles surprises sont à la portée de tous. A l’issue du confinement, pas moins de 61 espèces d’oiseaux ont déjà pu être observées autour du centre-ville de Gagny.

Les oiseaux du parc forestier du Bois de l’Etoile
Les oiseaux migrateurs partent en novembre vers des régions plus ensoleillées. Le matin, selon la météo, des dizaines de pinsons, alouettes, pipits et bergeronnettes partent vers le Sud et peuvent être observés au-dessus de nos têtes, repérés par leurs cris.
Au Bois de l’étoile, on rencontre couramment trois espèces de rapaces : le Faucon crécerelle, qui chasse en sur-place campagnols et musaraignes, l’Epervier d’Europe, qui lui traque par surprise plutôt les grives et les mésanges, et la Buse variable, d’envergure presque double de ces derniers.
Avec un peu de patience, vous surprendrez le Pic épeiche et le Pic vert à l’Arboretum, le premier sur un arbre, le second au sol dans les pelouses.

Régulièrement, quelques Chardonnerets élégants, Verdiers d’Europe ou Linottes mélodieuses viennent se nourrir des graines des différentes plantes vivaces qui poussent ça et là.
Un matin, un Rougequeue noir était posé sur les rochers, et bien moins commun, un Grosbec casse-noyaux a fait une halte sur un jeune hêtre.
Mi-novembre, une Bécasse des bois se reposait à couvert dans la partie boisée.
Mais en novembre, les hôtes les moins discrets sont les grives qui recherchent des baies. Saviez-vous qu’en plus de leur voisin le Merle noir, quatre espèces de grives fréquentent le parc à la mauvaise saison ? Grives mauvis, Grives litornes, Grives draines et Grives musiciennes se partagent les buissons ou survolent le site.

Dans les parties plus forestières, le Rougegorge et le Troglodyte mignon sont bien présents, tandis que le discret Accenteur mouchet, aux allures de moineau à bec fin chante parfois même en hiver quand le Soleil donne. Omniprésents, les corvidés sont visibles un peu partout : la Pie bavarde, la Corneille noire mais aussi le Geai des chênes fréquentent tous les secteurs du parc et de la ville. En soirée, des vols de corneilles et de Choucas des tours se dirigent avec force croassements vers leurs dortoirs à Ville Evrard.

Dans les jardins
Sur quelques conifères du Boulevard St. Dizier, j’ai eu la chance d’apercevoir le minuscule Roitelet huppé, la Mésange à longue queue et la belle Mésange huppée. Néanmoins, dans les jardins, les Mésanges bleues et charbonnières sont les plus communes et viennent volontiers aux mangeoires. Préférez les graines de tournesol (bio) aux boules de graisses vendues dans le commerce, dont la composition est très douteuse (huile de palme, pesticides…). Ou alors fabriquez-les vous-même avec un tutoriel LPO !
Si vous vivez près d’un bois, la Sittelle torchepot et le Pic épeiche viendront sûrement, mais aussi peut-être aussi les belles Perruches à collier vert pomme qui nous viennent d’Inde…

Pigeons des villes et pigeons des champs
Début novembre, des centaines de Pigeons ramiers occupent le ciel et parfois les pelouses des parcs et jardins. On le reconnaît à sa forte taille et à ses tâches blanches de chaque coté du cou.
Certains viennent d’Europe du Nord ou d’Allemagne et ne font que passer. Mais d’autres restent en Ile-de-France, se nourrissent dans les parcs et les champs et reviennent dormir en groupe le soir. Par exemple, un dortoir de plusieurs milliers d’oiseaux s’est constitué dans les arbres derrières les Grands coteaux, dans les anciennes carrières de l’ouest.
Il ne faut pas les confondre avec la jolie Tourterelle turque, gris beige et au collier noir, visible souvent par couples, ni avec le Pigeon biset domestique au plumage variable qui affectionne les balcons, toits et places publiques, dont la présence est parfois moins appréciée du fait des déjections laissées sur les murs…

Autour des deux lacs
Les deux lacs de Gagny se trouvent trop loin du rayon d’un kilomètre autorisé dans le cadre du confinement…Dommage ! Au moins cinq espèces manquent à mon escarcelle : au lac de Maison rouge, récemment acquis par la Municipalité, ou au lac Maison blanche, vous aurez la chance d’observer le Colvert, mais aussi la Foulque macroule au bec blanc, la Gallinule Poule d’eau, la Bernache du Canada, le Canard mandarin bariolé, mais aussi le Grand Cormoran et occasionnellement la Bergeronnette des ruisseaux.

Il ne vous reste plus qu’à ouvrir les yeux à votre tour. A coup sûr il y aura de belles surprises en perspective !

Olivier Laporte, LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux)

Vous voulez contribuer à la connaissance naturaliste de notre commune ?

Transmettez vos observations de votre jardin ou balades sur les sites gérés par la LPO : oiseauxdesjardins.fr ou faune-iledefrance.org !

Les oiseaux de notre commune en images

À lire aussi