Le château de Montguichet

Aujourd’hui propriété des Petits Frères des Pauvres, cette belle demeure, située avenue des Verveines, s’élève sur un domaine fort ancien. La première mention du domaine date en effet de 1331, à l’occasion de la vente de la châtellenie de Gournay par Marguerite de Meulan à Jeanne de Navarre, veuve de Charles IV. Montguichet est en effet un arrière-fief de la châtellenie. Le premier aspect figuré connu de Montguichet est celui d’une forteresse.

Sur l’emplacement d’anciennes constructions entièrement rasées, appuyés de chaque côté du donjon, deux pavillons symétriques, à deux étages, présentent chacun en façade neuf fenêtres superposées sur trois rangées. Le donjon, percé de plusieurs ouvertures, est couronné d’une terrasse au-dessus de laquelle s’érige une lanterne centrale, sorte de campanile en haut duquel est suspendue une cloche d’alarme. Le guetteur la mettait en branle lorsque des individus suspects approchaient.

Propriété des Hocquart de 1758 à la Révolution

Au château de Montguichet, plusieurs propriétaires se succèdent. Jean Bodin, conseiller de Henri III, y demeure. En 1729, le domaine est acquis par Jean-Baptiste Silva, médecin de Louis XV (quinze) et de Voltaire.

La famille qui le possède le plus longtemps semble avoir été les Hocquart, de 1758 à la Révolution. Jean Hocquart, présumé émigré, Montguichet est placé sous séquestre et offert en vente, en 1794, en deux lots au profit de la nation. La maison avec ses dépendances est adjugée à François Honoré de Nogent-sur-Marne. La deuxième parcelle, parc et futaie, est acheté par Quénibert-Leroux de Paris. L’ordre rétabli, Madame Hocquart, pour racheter le domaine, doit emprunter ; mais elle ne peut rembourser avant sa mort. Sa fille, accablée par ces dettes, doit vendre la propriété : maison, parc et bois voisin. Monsieur Honoré Binet lui-même cède le domaine aux époux Mathis en 1856. Leur fille, veuve de Monsieur Foex, en est à son tour propriétaire en 1888.

Armand Marquiset, fondateur des petits frères des Pauvres

Vers 1893, le Baron de Laumont fait l’acquisition de la demeure que sa fille, la comtesse Marquiset, possède ensuite. Le fils de celle-ci, Armand Marquiset, né le 29 septembre 1900 à Montguichet, connaît une enfance choyée et gâtée entre l’hôtel familial de l’avenue de Malakoff (aujourd’hui avenue Raymond Poincaré, Paris) et le château de Montguichet. Jeune homme aux relations mondaines, il est confronté pour la première fois à la pauvreté au début des années 20 alors qu’il accompagne sa grand-mère, Madame de Laumont, chez des personnes âgées, démunies, dont les fils ont été tués pendant la guerre. Il créé plusieurs œuvres caritatives dont « Pour que l’Esprit vive », « Les amis de la Banlieue » et « 1939 Servir », avant de fonder en 1946 les petits frères des Pauvres. L’association accompagne dans une relation fraternelle, des personnes souffrant de solitude, de pauvreté, d’exclusion, de maladies graves. En 1950, Armand Marquiset aménage sa maison natale pour y offrir des vacances à ses Vieux Amis. Par la suite, beaucoup d’autres « châteaux du bonheur » ouvrent leur porte.

Montguichet, « château du bonheur »

Aujourd’hui, le château de Montguichet, propriété de l’Association, est une maison de vacances pour personnes âgées démunies. En 1989, la bâtisse a été agrandie avec la construction d’une annexe située sur le territoire de Montfermeil.

En juillet 2011, la secrétaire d’Etat à la solidarité et à la cohésion sociale a rendu visite aux pensionnaires de Montguichet, qui pendant leur séjour avait un programme fourni pour rompre la solitude et l’isolement dont elles souffrent: ateliers poésie, manucure, sortie guinguette ou encore gymnastique douce, …

Le parc

Quant à l’immense domaine de 23 hectares situé sur les anciennes carrières de l’Est, une partie a été vendue en 1970 à l’Association Régionale des Parents d’Enfants Inadaptés (ARPEI) pour y créer un centre d’aide par le travail (les ateliers de Montguichet). Une autre parcelle à été achetée, l’an dernier, toujours par l’ARPEI,  pour y construire un foyer. Les petits frères des Pauvres ont conservé un parc de 9 hectares ; un lieu de promenade agréable pour les personnes âgées qui séjournent au château.

À lire aussi

Votre navigateur est dépassé !

Mettez à jour votre navigateur pour voir ce site internet correctement. Mettre à jour mon navigateur

×